AccueilPalladium jusqu'à 67 Pureshopping Palladium pampa pampa Mon opinion pas homme en couleur rouge cher de Promo Baskets H7WwIqAI Michaëlle Jean était tombée avant de trébucher

Michaëlle Jean était tombée avant de trébucher

Le 17e sommet de la francophonie des 11 et 12 octobre à Erevan en Arménie a choisi une nouvelle secrétaire générale, la Rwandaise Louise Mushikiwabo, expulsant, après un seul mandat Michaëlle Jean, l’ancienne gouverneure générale du Canada.

Ce n’est pas sa gouvernance. La chute de Mme Jean, quoi que les médias en disent, ne participe pas de sa supposée boulimie dépensière ou de son goût du luxe. Un management hasardeux lui colle à la peau, certes. On l’a décliné en divers clichés allant du train de vie rutilant, jusqu’à un culte effréné de la personnalité, des déplacements onéreux, ajoutés à cela une recherche exagérée des lauriers qui lui a rapporté de luxuriantes distinctions honorifiques et de nombreux doctorats honoris causa (elle en a 22 dont 5 depuis 2014). Même à l’interne, des décisions controversées ne lui avaient pas acquis les cadres de l’organisation.

Mais la vérité est ailleurs. La défaite de Michaëlle Jean participe en réalité de trois causes différentes, peu examinées par les observateurs jusqu’à présent. La première, tout le monde l’a oubliée, Mme Jean a été mal nommée. Lorsque le 15e sommet de la francophonie éteignait ses lumières en novembre 2014 à Dakar après l’avoir choisie au bout «du suspense et dans la douleur» selon le Figaro.fr, il y avait un réel malaise. Des chefs d’États africains avaient montré leur embarras, à la fois irrités par les «leçons de morale» que distillait François Hollande dans ses interventions, mais aussi, par la perspective de la désignation de Michaëlle Jean. Les présidents de la République Démocratique du Congo, du Tchad et de Guinée Équatoriale s’étaient retirés. Et surtout, le Congolais Sassou Nguesso à qui Jacques Chirac avait promis le poste, 5 années auparavant, au bénéfice de l’écrivain Henri Lopès après le mandat d’Abdou Diouf avait claqué la porte. Michaelle Jean a donc été nommée sur fond d’échec de l’Afrique qui, il est vrai, n’avait pas réussi à s’entendre sur un candidat. Elle perdait ainsi la seule direction d’une organisation multilatérale d’envergure mondiale qui restait au continent.

Les deux erreurs

La faute de Michaelle Jean c’est de n’avoir pas conquis l’Afrique ou de n’avoir jamais cherché à le faire, soit par mauvaise stratégie, soit par naïveté, voire par condescendance se croyant appuyée à tout jamais par le Canada, qui l’avait «imposée» du temps de Stephen Harper. Celui-ci, semble-t-il, aurait exigé ce poste contre la continuation de son engagement au financement de l’OIF. En 5 ans de mandat, peu de visites purement africaines. On en compte moins de quatre, à part les doctorats honoris causa et les réunions officielles protocolaires. Elle a ainsi manqué une occasion pour s’attacher les Africains majoritaires dans la francophonie et d’abord des Africains ordinaires. Du même coup, elle décevait aussi de nombreux jeunes pour lesquels elle incarnait un changement, et de multiples femmes du continent et d’ailleurs qui avaient misé sur elle et pour qui elle présentait un bilan pourtant élogieux.

La deuxième cause de la chute de Mme Jean vient du jeu franco-canadien. Elle avait été élue avec le renfort de la France certainement avec l’objectif pour cette dernière d’obtenir l’appui canadien au sommet de l’environnement COP21 organisé à Paris. Elle débarque avec, probablement, la possibilité pour le Canada de récolter le soutien de la France et de l’Afrique pour un siège au Conseil de sécurité.

Une contestation de la France

La troisième cause de l’échec de Mme Jean est plus subtile. Elle est, contrairement à ce qu’on peut penser, une contestation de la France et de ses vieilles méthodes. Depuis les débuts de la francophonie politique succédant à l’ACCT (Agence de coopération culturelle et technique), la France en a profité pour positionner des personnalités francophiles qu’elle voulait maintenir à flot. Boutros Ghali et Abdou Diouf avaient, quoi qu’on dise, et surtout pour le premier, ce profil de figure acquise à la France. Boutros Ghali, ancien secrétaire général de l’ONU, avait même été désigné sous les cris d’orfraie presque unanimes des pays africains. Mme Jean, femme, non africaine, noire, haïtienne d’origine, avait tout ce qui pouvait faire la différence. Elle a malheureusement, peut-être malgré elle, joué également un semblable rôle pour le Canada de Harper. Ce qui reléguait l’OIF (Organisation internationale de la francophonie) à accueillir, pour la diriger, des notables en recyclage. En réalité, l’Afrique veut une nouvelle OIF. Par des personnalités qui sortent des calculs et ont une ambition réelle pour elle. La chute de Mme Jean semble l’indiquer.Palladium 67 Pureshopping pampa jusqu'à Palladium pampa

Deux gagnants à la disqualification de Michaëlle Jean. Le Canada d’abord. Il cesse de traîner un boulet et par ailleurs espère obtenir des voix à l’ONU. La France surtout. Et trois fois. Elle réussit à donner l’impression de soutenir les Africains francophones. Elle tente de résoudre ses problèmes avec le Rwanda. Elle s’ouvre à l’anglophonie africaine par le biais de la francosphère.

Il faut craindre qu’il y ait aussi deux perdants. L’OIF dont on attend encore qu’elle soit une institution respectable pour les francophones. Et l’Afrique qui sert toujours de marchepieds à des éléphants qui ont leurs ambitions ailleurs.

Gervais Mbarga
Université de Moncton